Pensées 365, blog huguenot de méditations et de prières chrétiennes. Ressources pour le culte privé.

Le péché - Adolphe Monod (méditation)


Il n’y a pas un de nous qui se fasse une idée de l’horreur et du crime du péché devant Dieu. Nous avons toujours vécu dans une atmosphère tellement saturée de péché, sur cette terre qui boit l’iniquité comme l’eau et la mange comme le pain, que nous ne savons plus discerner ce péché qui nous enveloppe de toutes parts.

Voici en deux mots l’expérience que j’ai faite.

Nous trouvons dans la Bible ces paroles : «Nous étions autrefois insensés, rebelles, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la malice et dans l’envie, dignes d’être haïs et nous haïssant les uns les autres».

Pendant longtemps, il m’a été impossible d’admettre cette déclaration qui me paraissait empreinte d’une exagération manifeste. J’avoue que même auprès de Dieu, par sa grâce, eut tourné vers lui mon cœur au jour qu’il avait marqué dès les temps éternels, je suis resté longtemps encore sans pouvoir l’accepter complètement.

Il y a plus: j’avoue que depuis lors, aujourd’hui même, je ne puis pas la comprendre dans sa plénitude ; non pas que je ne sois convaincu qu’elle est parfaitement vraie, et que je ne la réalise pas dans mon expérience, la faute en est toute à moi. C’est là que j’ai compris la nécessité d’un témoignage existant avant, en dehors, et au-dessus de nous.

J’accepte cette déclaration comme venant de Dieu, parce que je la trouve dans sa Parole, et je le prie d’achever de m’en révéler le sens par son Esprit.

Je suis arrivé, par la grâce de Dieu, –non d’année en année, les choses ne vont pas si vite, mais d’un intervalle de plusieurs années à un autre intervalle de plusieurs années,– à voir cette doctrine plus clairement, et à en sentir de plus en plus la vérité dans mon propre cœur; et je suis sûr que quand ce voile de chair sera tombé, je reconnaitrai que c’est la peinture la plus fidèle et le portrait le plus ressemblant qui ait jamais été tracé de mon cœur, j’entends de mon cœur naturel.

Demandons à Dieu de nous révéler notre état de péché, sans pourtant le trop presser, parce qu’il sait bien que s’il nous faisait croitre plus vite dans cette connaissance que dans celle de sa miséricorde, nous tomberions dans le désespoir.

Adolphe Monod

Les Adieux d'Adolphe Monod à ses amis et à l'Église.
Fourni par Blogger.